Auteur Sujet: Le rapport à la presse et à l'information  (Lu 1004 fois)

Hors ligne Rincevent

Le rapport à la presse et à l'information
« le: 27 mars 2013 à 10:25:12 »
Allez, j'inaugure un sujet qui se veut plus théorique que celui sur l'actualité qui porte plus, ces derniers temps en tous cas, sur les faits eux-mêmes. Bon, il servira peut-être à rien, mais tant pis.

La violence est plus médiatisée qu'avant, nuance.
Mmm, c'est aussi le sentiment que j'ai. On voit énormément de violence, et on entend de plus en plus de discours violents dans les médias, pour autant il me semble que la violence "réelle" diminue lentement depuis des années. On peut probablement attribuer ça à la part plus grande que les médias leurs attribuent, afin d'accompagner et provoquer l'intérêt inquiet du public. On peut aussi se dire que c'est parce qu'on y est de plus en plus intolérant. Je repense à une anecdote d'un ancien chef qui me racontait qu'il fréquentait une salle de bal quand il était jeune, et qui racontait qu'il y avait souvent de la bagarre à la sortie. Mais pour lui, c'était des "bons conflits" car ils se réglaient au poing et non au couteau. Pas de mort, mais une fois que l'une des parties s'était fait casser la gueule, ils se considéraient quittes. Quand il m'a raconté ça, je me suis dit : mais on dirait ça aujourd'hui dans un média, ça hurlerait à l'irresponsabilité, à l'insécurité.

Citer
Et comme avait dit mon frère une fois à ma grand-mère (dont la vision du monde actuel était surtout construite par la télévision et le journal) alors qu'elle avait dit "quand j'étais jeune, c'était moins violent", il avait répondu "Quand tu étais jeune, c'était la guerre mondiale".
[:delarue4] Excellente, cette répartie.

Citer
Sur les enfants et la réalité du monde: là aussi, c'est un vaste débat. Faut-il toujours préserver les enfants de tout? Les enfants élevés dans des bulles se prennent généralement de méchantes claques à l'adolescence et à l'âge adulte. Etait-ce donc un bien de les préserver? C'est un sujet très complexe, et il n'y a à mon sens aucune réponse claire à apporter à ces questions. Mais ce que je constate, c'est que beaucoup d'adultes ont oublié leur état d'esprit lorsqu'ils étaient enfants. Un enfant est beaucoup plus solide psychologiquement qu'on ne veut bien nous le faire croire. Rappelez-vous votre propre enfance pour vous en convaincre...
Vaste question aussi. Je n'ai pas de mioche, donc je ne pense pas pouvoir juger, mais tout dépend de la personnalité de l'enfant et de sa maturité. Comme disait Terry Pratchett, on peut emmener un enfant dans une sombre forêt pleine de monstres, l'important c'est de rester avec lui et de le ramener vers la lumière après. Il faut accompagner, rassurer et expliquer du mieux possible quand un choc se produit, quand une question survient.
L'important n'est pas de savoir vers où on s'enfuit, mais de savoir ce qu'on fuit.

Hors ligne SVGS

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #1 le: 27 mars 2013 à 11:30:20 »
Je copie-colle la réponse que j'avais fait à Hyog' :

" Sur la violence, je suis d'accord aussi, quoique la violence institutionnalisée qu'est la guerre, tout aussi barbare au demeurant, et la violence individuelle de plus en plus jeune (je parle d'actes graves comme des viols, etc.), ne répondent pas aux mêmes processus. On peut difficilement les comparer.
Et que la médiatisation dont tu parles, justement c'est ça que je dénonce Hyog' ! Elle crée un climat de peur, donc aussi de violence, et notamment chez les plus fragiles qui sont les plus jeunes, ça c'est un fait scientifiquement établi qu'à l'enfance et l'adolescence, on n'a pas la même solidité qu'à l'âge adulte.

Ensuite sur les enfants .... J'étais peut-être spécial mais moi justement, mon état d'esprit, c'était du rose bonbon et de la guimauve. Du bisounours.
Même dans les animes puisqu'ils étaient censurés. Et finalement je suis bien content. J'ai pris une claque en grandissant, mais je pense que c'est aussi ça grandir, et pour rien au monde je n'aurais souhaité que mes parents me "plongent" dans le monde plus tôt ....
Mais après ça c'est un ressenti personnel".

Hors ligne SVGS

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #2 le: 27 mars 2013 à 11:36:09 »
Il faut accompagner, rassurer et expliquer du mieux possible quand un choc se produit, quand une question survient.

Ah oui ça je suis tout à fait d'accord  [:jap]

Excellente, cette répartie.

Bah justement je ne trouve pas moi .... je trouve que ça n'a rien à voir. C'est très Point Godwin comme réponse, sauf qu'au lieu de ramener au nazisme, on ramène à la WWII.

La guerre n'est pas plus acceptable dans son essence que la violence individuelle. Mais les facteurs des deux types de violence sont différents.

Pour la guerre, il y a les institutions, l'instabilité politique, la dictature. Dans l'exemple de la WWII, l'antisémitisme ambiant. Egalement la poursuite de l'expansionnisme prussien.
Tout cela a provoqué cette guerre. Et effectivement, notre époque est ici plus équilibrée.


Sauf que là quand je parle de violences individuelles (ou collectives à petits groupes) chez les jeunes, en recrudescence, ça répond à d'autres facteurs !
Et quand des jeunes de 15 ans trouvent que c'est normal d'agresser une gamine, qu'on ne me dise pas que la pornographie en libre-accès sur internet, en un clic, c'est-à-dire mille fois plus simple qu'avant, n'y est pour rien ....
Notre société qui montre des images violentes à des enfants, y-compris par les jeux et les mangas mais pas que, vous avez beau dire que ça n'a aucun impact tant qu'on est à côté d'eux, je suis très dubitatif. Et encore faut-il justement être à côté d'eux, ce qui n'est pas le cas dans nombre de familles.


EDIT : juste pour que ce soit bien clair dans mon post, je ne défends en rien la guerre par rapport aux violences individuelles. Les deux résultent, en dénominateur commun, du même penchant belliqueux et malsain de l'être humain ....
De même, je suis très content de vivre à une époque de Paix, où le racisme puant qu'on a connu en 1939 est combattu par la loi.
J'essaie juste d'analyser sociologiquement les déclencheurs de chaque type de violence.
« Modifié: 27 mars 2013 à 11:44:10 par SVGS »

Hors ligne Hyogakun

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #3 le: 27 mars 2013 à 11:53:34 »
Ah mais je te rejoins SVGS, ce n'est pas la même chose, puisque la guerre est une violence institutionnalisée, décidée par les états,par les sociétés, tandis que la violence individuelle s'inscrit en marge des règles de la vie en société. En cela, la guerre est BIEN PIRE que les actions de quelques délinquants et criminels.

Pour le débat sur l'accès à la pornographie ou à la violence, de nouveau, sans nier qu'il est effectivement plus facile d'accéder à notre époque à tout cela, je refuse de déclarer qu'il s'agit d'une cause: l'ado (ou l'adulte) qui passera à l'action (viol, agression, etc.) souffre de toute façon d'un déséquilibre psychologique grave, qui n'a certainement pas été induit par les médias actuels. Si ce que tu dis est vrai, on serait quasi tous des violeurs ou des agresseurs, car TOUT LE MONDE ici a un jour ou l'autre été confronté à ce genre de choses (reportages, films, fictions, etc.). On n'a pas attendu notre époque pour qu'il y ait des viols et des agressions, la seule différence est que maintenant cela nous choque beaucoup plus qu'avant (ça rejoint un peu ce que disait Rincevent dans son message précédent). 

C'est assez amusant, car on a justement eu une discussion sur ce sujet avec des collègues hier à la pause midi. Une d'entre elles parlait d'un enfant d'une dizaine d'années qui avait montré une vidéo pornographique à d'autres élèves sur son smartphone à l'école. Au début, on était bien évidemment tous choqués, mais peu après, d'autres collègues se sont rappelés la contrebande de magazines pornos qui se faisait à l'école à l'époque où ils avaient le même âge.
Les médias changent peut-être, mais pas la curiosité (parfois malsaine, mais surtout normale vis-à-vis des choses du sexe) des êtres humains, et les enfants de maintenant vivent peut-être un développement qui n'est finalement pas si différent des générations précédentes. 
Yora c'est le plus mieux

After 5 PM ~ ピ-ルピ-ル ♫

Hors ligne SVGS

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #4 le: 27 mars 2013 à 12:13:29 »
Alors là à mon tour de te rejoindre sur un point  :D
(je regrette qu'aussi peu de monde participe à ce sujet pour l'instant, qui est pourtant intéressant  [:fufufu] Donc merci Hyog' et Rincevent)

Là où je te rejoins, c'est que le passage à l'acte violent nécessite toujours un grave trouble, qui d'ailleurs peut-être d'origine sociale (manque de structures familiales, etc.). Et ça dépend aussi de facteurs internes. On trouvera toujours, effectivement, quelqu'un de très solide mentalement malgré tous les facteurs sociétaux défavorisants. Et à l'inverse des gosses choyés qui tournent mal parce qu'ils sont fragiles.
C'est du cas par cas après, et la psychologie humaine est d'une complexité affolante et passionnante.

Donc moi aussi, je suis né dans cette société. J'ai vu, à un âge inapproprié, des images violentes ne serait-ce qu'à la télé. Pour autant je ne suis pas devenu violent. Oui mais, j'avais une certaine éducation, une famille, des gens qui s'aimaient et m'aimaient autour de moi, un soutien, etc.

Après la question sempiternelle qui se pose dans ce type de débat, c'est la bonne vieille question du principe de précaution. Est-ce que, parce qu'il y a des gens fragiles, des gens laissés seuls dès l'enfance, etc.,  il ne faut pas augmenter la censure et le politiquement correct ? Par exemple en interdisant la pornographie sur le net (les magazines échangés à l'époque, c'était bel et bien illégal qu'ils soient dans les mains de mineur !), quitte à ce que des adultes "demandeurs" aillent en magasin spécialisé, et là aussi interdit aux mineurs.
Pareil sur les émissions à la télé ou au ciné : quel est le niveau de censure (car il en faut toujours une, même minime), que doit appliquer le CSA ?
Idem pour la vente d'alcool en boites de nuit, et là ça concerne même les majeurs mais n'y at-il pas atteinte à l'ordre public ? Ce qui justifie là encore les limitations selon la loi et le règlement eux-mêmes. Mais dans ce domaine, curieusement, on est coulants .... La police administrative est TRES gentille.

Ce que je veux dire, c'est que ce problème du principe de précaution, ici comme ailleurs, est un problème de fond ! De fond. Je ne dis pas que ce que j'ai énoncé soit bien. Je dis juste qu'à force de ne rien interdire, on finirait à l'inverse par obtenir, à mon avis, un délitement social.
Mais effectivement, ne pas tomber non plus dans un régime de prohibition du tout  [:fufufu]

L'équilibre dans le déséquilibre (et on est dans une époque de déséquilibre total et grandissant, je le maintiens), c'est un chantier titanesque.

Hors ligne Rincevent

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #5 le: 27 mars 2013 à 22:27:19 »

Comme si y avait pas assez des erreurs 500, faut aussi que le proxy de la ville me bloque ce sujet toute l'après-midi. Juste au moment de poster. Et j'ai oublié de sauvegarder ce que je voulais dire...

Donc.
Bah justement je ne trouve pas moi .... je trouve que ça n'a rien à voir. C'est très Point Godwin comme réponse, sauf qu'au lieu de ramener au nazisme, on ramène à la WWII.
Je ne pense pas. Au contraire, les deux premiers tiers du XXe siècle ont été la période la plus violente de l'histoire. Les personnes âgées, confrontées aux médias actuels, sont effrayées parce qui leur semble être un déclin de la civilisation. Mais, conflits mondiaux mis à part, quand elles étaient jeunes c'était pas moins violent mais juste moins diffusé et probablement moins réprouvé. On réglait ses différents directement sans médiation ni intervention des autorités, ou alors seulement en cas de débordement. Front populaire, conflits syndicaux, heurts entre mouvement politiques, violences envers les minorités, terrorisme et semi-guerre civile liée aux décolonisations... Bref, pour moi les guerres ne sont que les projections de conflits sociaux (ou plutôt de société) vers l'extérieur, souvent par le fait des autorités qui y trouvent un moyen de souder une partie de l'opinion derrière eux mais pas seulement. Donc en ce sens, il me semble que la société n'est pas devenue plus violente, c'est juste que la violence est devenue plus facile à voir, et surtout qu'elle devient de moins en moins collective et engagée pour devenir de plus en plus individuelle et tournée vers l'intérêt personnel. J'ai du mal à faire une coupure nette entre une violence collective éventuellement institutionnalisée (la guerre) et les autres qui peuvent être plus terre à terre.
...
Est-ce que ce que j'écris a un sens, là ? C'est chiant de reconstituer un post plusieurs heures après. [:onion alone]

Sinon, pour en revenir à l'info, pour quelques uns qui font des conneries à cause de ce qu'ils ont vu, que ce soit parce qu'ils l'ont mal interprété ou que ça les arrangeait de le prendre littéralement, combien en feraient si ça n'était pas accessible ? Je crois, mais je me trompe probablement, que violence et pornographie offrent aussi une catharsis à la société. Il y a trop de films violents ? Sans doute. Mais je persiste à penser qu'ils permettent de canaliser les pulsions violentes. Qu'ils sont la soupape de sécurité nécessaire pour relâcher la pression.
« Modifié: 27 mars 2013 à 23:43:40 par Rincevent »
L'important n'est pas de savoir vers où on s'enfuit, mais de savoir ce qu'on fuit.

Hors ligne paladin shura

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #6 le: 28 mars 2013 à 01:06:00 »
Bah faudrait déjà voir à définir ce qu'on appelle "violence" et "pornographie" qui peuvent se définir assez différemment en fonction des époques.

Le problème de la violence ressentie aujourd'hui est qu'elle se base sur le fait divers. Ça implique une charge émotionnelle plus proche du récepteur. Mamie voit un massacre en Syrie, c'est triste, mais elle se sent nettement moins concerné que quand un élève de CM1 du Val-d'Oise est passé à tabac par ses petits camarades, parceque son petit-fils va aussi à l'école, et elle ressent donc - légitimement - une pression de stress, une faille qui vient briser l'illusion de confort créé auparavant par d'autres voies médiatiques (ex: un article de journal positif sur la fête de l'école à Saint-Bourbusse-sur-Braie) ou une perception personnelle (ex: elle n'a jamais entendu de récit aussi horrible jusqu'à aujourd'hui [c'est d'ailleurs pour ça que c'est choquant paradoxalement]).
Rabâché quotidiennement à longueur de JT, le récit de ces faits divers (bien souvent tragiques) forment une masse de plus en plus imposante et menaçante et créent une tension perpétuelle, faisant que le spectateur se demande quand le malheur va s'abattre.
Ce serait d'ailleurs intéressant de comparer le comportement et l'activité neuronale d'une personne qui consulte beaucoup les JT avec ceux d'un animal traqué par un prédateur. Je ne serais pas étonné que les résultats soient proches.

*Je fais un petit aparté pour préciser que je ne diabolise pas les médias, je ne pense pas qu'ils diffusent sciemment ce sentiment de peur. Je pense très sincèrement qu'ils font dans ce qui paie: le sensationnalisme.*

Si on compare aux informations qui filtrent sur le public en temps de guerre, les différences sont assez nettes. Je me souviens être tombé sur un article de journal publié en 1914 qui affirmait grosso-modo que les balles allemande était tellement mal faite qu'elles "évitaient" les soldats français.
L'information est plus difficile à obtenir, y compris pour les journalistes impliquant une sélection naturelle de l'information, et finalement l'offre s'adapte à la demande. Si le public veut être rassuré et qu'ils orientent leur consommation en ce sens, alors les prestataires suivront.

Bref, les deux contextes sont différents et le massmedia tend bizarrement à pencher inversement à l'importance, la taille, de la violence.
Dans le cadre de notre époque, j'ai l'impression d'assister à une banalisation de la violence, dans le sens où elle semble proche, brutale, inattendue, fatale.

Le cas de la pornographie est encore à part. Ce qui me choque particulièrement en tant que "pré-vieux", c'est surtout l'extrêmisation de l'objet qui a évolué très nettement ces dernières années.
Quand j'avais 13 ans, pour matter deux paires de seins et un demi-fessier, je me cachais sous ma couette le dimanche soir à minuit et j'allumais M6 sur mon poste de TV avec une antenne bidouillée je-sais-plus-trop-comment, toute autre lumière éteinte avec le son coupé, bien évidement.
quelques années plus tard, il fallait se démener pour trouver une VHS piratée du dernier Dorcel, et ça passait généralement par le grand-frère du pote d'un pote un peu trop négligent sur ses cachettes intimes.
Il y avait une sorte de limitation d'accès qui créait une forme de culpabilité entraînant pratiquement le plaisir en soi, celui de parvenir à un truc interdit sans que les adultes ne le sache. Je pense vraiment que c'est le genre de truc qui contribuait à se créer une intimité, une identité sexuelle personnelle.
Aujourd'hui ce n'est pas sans effroi que je constate que taper certains mots-clés sur google amène directement sur de la vidéo libre accès répondant précisément à un besoin défini, en quantité illimitée et bien souvent en toute impunité: car le jeune sait qu'il maîtrise infiniment mieux internet que ses parents et qu'il pourra éviter de laisser des traces de son passage (et quand bien même on ne cesse de lui faire savoir que internet c'est sans contraintes et que les lois ne peuvent rien faire).
Si ça en restait là on me dirait que c'est un point de vue générationnel de vieux con basé sur deux contextes complètement différents.
Et j'approuverai volontiers. En revanche je ne démordrais pas sur le sujet de la nature pornographique de l'objet. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais la "grosse" prod' porno des années 80-90' (celle qui passait sur canal +  [:petrus] ) avait une nature tout à fait différente de ce qu'on peut trouver après 3 ou 4 pages de recherches google. il y a des trucs tellement flippant et facile d'accès que même moi qui ne fait pourtant pas dans l'esprit sucré, ça m'en colle la gerbe. Et je me demande sincèrement si ce genre d'image/vidéos n'a pas un impact extrêmement négatif sur la psychologie du petit jeun's de 14 ans qui vient chercher ses premiers émois.


Après quand j'en parle à des personnes plus jeunes, d'avantage concernés par cette évolution, ils ne s'en alarment pas plus que ça, même si plutôt d'accord dans le constat.
je les trouve moins émotifs, moins réactionnels et s’accommodent finalement assez bien de l'aspect quotidien de la violence ou de l'accès à la pornographie.

Hors ligne Rincevent

Re : Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #7 le: 28 mars 2013 à 19:13:42 »
Le problème de la violence ressentie aujourd'hui est qu'elle se base sur le fait divers. Ça implique une charge émotionnelle plus proche du récepteur. Mamie voit un massacre en Syrie, c'est triste, mais elle se sent nettement moins concerné que quand un élève de CM1 du Val-d'Oise est passé à tabac par ses petits camarades, parceque son petit-fils va aussi à l'école, et elle ressent donc - légitimement - une pression de stress, une faille qui vient briser l'illusion de confort créé auparavant par d'autres voies médiatiques (ex: un article de journal positif sur la fête de l'école à Saint-Bourbusse-sur-Braie) ou une perception personnelle (ex: elle n'a jamais entendu de récit aussi horrible jusqu'à aujourd'hui [c'est d'ailleurs pour ça que c'est choquant paradoxalement]).
Ce qui est très humain. On réagit en fonction de ce qui nous touche, c'est à dire de ce qu'on connait.

Citer
Ce serait d'ailleurs intéressant de comparer le comportement et l'activité neuronale d'une personne qui consulte beaucoup les JT avec ceux d'un animal traqué par un prédateur. Je ne serais pas étonné que les résultats soient proches.
[:fufufu] Très intéressant. Je n'avais jamais pensé à ça.

Citer
Je ne vais pas rentrer dans les détails mais la "grosse" prod' porno des années 80-90' (celle qui passait sur canal +  [:petrus] ) avait une nature tout à fait différente de ce qu'on peut trouver après 3 ou 4 pages de recherches google. il y a des trucs tellement flippant et facile d'accès que même moi qui ne fait pourtant pas dans l'esprit sucré, ça m'en colle la gerbe. Et je me demande sincèrement si ce genre d'image/vidéos n'a pas un impact extrêmement négatif sur la psychologie du petit jeun's de 14 ans qui vient chercher ses premiers émois.
Oui, c'est clair qu'avoir accès à tout augmente le risque de tomber sur des trucs que même un adulte peu avoir du mal à supporter. Je suis totalement d'accord.
 [:fufufu]
En fait on devrait instaurer des cours de recherches porno au collège, pour s'assurer qu'il ne consomment rien d'horrible et... quoi ? [:aie]

Citer
je les trouve moins émotifs, moins réactionnels et s’accommodent finalement assez bien de l'aspect quotidien de la violence ou de l'accès à la pornographie.
Je suppose que la génération net s'est adaptée à ce nouvel environnement et a appris à ignorer tout ça. Mais ignorer ce n'est pas forcément surmonter.
L'important n'est pas de savoir vers où on s'enfuit, mais de savoir ce qu'on fuit.

Hors ligne Monio

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #8 le: 11 décembre 2013 à 23:15:57 »
Une petite citation qui résume tout a fait ce que je pense des médias,de la presse et des journalistes :


"Le travail du journaliste consiste à détruire la vérité, à mentir sans réserve, à pervertir les faits, à avilir, à ramper aux pieds de Mammon et à vendre son pays et sa race pour gagner son pain quotidien ou ce qui revient au même, son salaire.

Vous le savez comme je le sais, alors qui peut parler de presse indépendante?
Nous sommes les pantins et les vassaux des hommes riches qui se cachent derrière la scène.
Ils tirent les ficelles et nous dansons. Notre temps, nos talents, nos possibilités et nos vies sont la propriété de ces hommes.

Nous sommes des prostituées intellectuelles."


John Swinton
"Plus le monde avancera et plus nous rentreront dans une ère de dégénéré"

Franc Abed Juin 2013.

Hors ligne Rincevent

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #9 le: 20 août 2016 à 13:59:54 »
Ah oui, je croyais me souvenir que ce sujet était plus récent que ça, tiens...

Je lis ça sur Arrêt sur images, un site qui prend quand même la peine de vérifier scrupuleusement ses sources et de prendre du recul par rapport à l'info, ce qui est finalement une bonne idée au vu de son ambition d'analyser les médias.
http://www.arretsurimages.net/breves/2016-08-20/Faux-mais-toujours-en-ligne-sur-les-sites-francais-id20101

Combien de fois je suis pas tombé sur un article après une recherche google, qui contenait des informations partielles, désinformées, voire fausses... Si cet article cite en exemple le coup, somme toute assez anodin, de la fausse cité maya retrouvée par un ado, ça peut être beaucoup plus grave quand ça concerne des événements "coup de sang" comme l'histoire de la nana qui s'était fait soi-disant agresser parce qu'elle était en maillot de bain ou, plus récent, celle de la rixe au village corse de Sisco. Pour celui qui publie ça, c'est sans doute à considérer "en attente de plus d'infos", mais d'une part le lecteur qui n'a pas de recul va le prendre pour argent comptant, d'autre part si on retombe dessus quelques années après en faisant une recherche, on n'aura toujours pas le fin mot de l'histoire. Parce qu'au lieu de reprendre une brève erronée, on aura pondu une autre brève, voire rien du tout parce que la rédaction sera passée à autre chose depuis et au lecteur de se démerder tout seul avec les différentes versions de l'info. Je sais pas si c'est pareil à l'étranger, mais comment tu veux t'y retrouver, avec ça ?
L'important n'est pas de savoir vers où on s'enfuit, mais de savoir ce qu'on fuit.

Hors ligne Fuu-chan

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #10 le: 20 août 2016 à 15:59:35 »
C'est pareil un peu partout, je pense, même si les anglo-saxons sont tout de même un peu plus sérieux dans leur vérification des faits (enfin, je ne parle pas des tabloïds, hein).

L'un des problèmes majeurs et le modèle économique des journaux, qui ne tient plus la route. On migre sur internet, on veut y devenir payant, ça ne marche pas, pas suffisamment d'abonnés, donc on revient au moins à moitié en arrière, on essaie de vivre sur la pub, et donc sur les clics, et on "doit" être concurrentiel avec l'immédiateté (pas synonyme de qualité ou de justesse ou de vérité, très, très loin de là) de "l'info" "publiée" sur les zéros sociaux (oh, pardon, c'est nul, je sais), et attirer le plus de clics possibles. Résultat : l'immondice qu'est devenue le journal Le Soir en ligne (en tout cas ce qui est accessible gratuitement), par exemple. On paie une misère des pigistes qui ont eu leur diplôme de journalisme dans un emballage d'hypermarché, et qui ont une aurtografe et une gramère maivrayeuze, et qu'on emploie comme des indépendants (bah oui, si on les salarie, on doit leur donner des droits, alors vous pensez bien, on va pas faire ça, hein). Puis, pour couronner le tout, on met en oeuvre un système de commentaire des lecteurs, où se retrouvent les trolls les plus puants possibles, qui ont chassé en quelques jours tous les pauvres fous qui avaient cru qu'on pouvait avoir des commentaires de qualité et des débats de fond de haute tenue dans ce genre de système (ceci dit, les filtrage automatiques de tout et n'importe quoi comme mot, ça marche bien - il fut un temps, même les noms de politiciens étaient bannis des commentaires dans Le Soir, ce qui n'empêchait rien, et surtout pas le niveau de puanteur des égoûts des sections commentaires de progresser).

Bref, je crains que le seul modèle qui marche soit celui de journaux ou sites qui ne dépendent que de leurs abonnements pour exister. Encore faut-il qu'il y ait assez de gens, et aussi que ce ne soient pas des phénomènes de mode éphémère (je suis abonnée à @si, le seul contenu pour lequel j'accepte de payer avec Thepressproject.gr, pour une info correcte en Grèce, où la presse écrite et télévisée est le domaine réservé des oligarques, sauf pour ERT)...

Dans un monde où de plus en plus de gens se désintéressent et se désinvestissent de toute info qui leur demande du temps de cerveau disponible, de la concentration, de l'analyse et de la mémoire, j'ai parfois l'impression qu'à part de la merde, rien ne pourra bientôt plus tenir.

Fuu-chan.
And tho' / We are not now that strength which in old days
Moved earth and heaven; that which we are, we are;
One equal temper of heroic hearts,
Made weak by time and fate, but strong in will
To strive, to seek, to find, and not to yield. - (B5,The Long Night - A. Tennyson's Ulysses, final stanza)

Hors ligne Rincevent

Re : Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #11 le: 20 août 2016 à 16:23:30 »
Bref, je crains que le seul modèle qui marche soit celui de journaux ou sites qui ne dépendent que de leurs abonnements pour exister. Encore faut-il qu'il y ait assez de gens, et aussi que ce ne soient pas des phénomènes de mode éphémère (je suis abonnée à @si, le seul contenu pour lequel j'accepte de payer avec Thepressproject.gr, pour une info correcte en Grèce, où la presse écrite et télévisée est le domaine réservé des oligarques, sauf pour ERT)...

Dans un monde où de plus en plus de gens se désintéressent et se désinvestissent de toute info qui leur demande du temps de cerveau disponible, de la concentration, de l'analyse et de la mémoire, j'ai parfois l'impression qu'à part de la merde, rien ne pourra bientôt plus tenir.
Et quand on sait comment la presse, tant sur papier que internet, se casse la gueule... on se dit que c'est pas gagné. Au boulot j'ai vu plein de titres cesser de paraître. Soit c'était purement et simplement pas rentable faute d'abonnés, soit ils tentent le coup sur le net (et dans ce cas-là on se réabonne pas parce que ça n'a pas d'intérêt pour nous), sans garantie que ça marche. Je ne sais pas si la presse spécialisée a encore les moyens d'exister, sauf à vivre uniquement des annonceurs comme Elle ou Art et décoration puisque même Que choisir était mal barré à un moment. La presse généraliste, notamment d'information, a peut-être un peu plus les moyens de tenir mais en dehors de ça on dirait qu'il faut viser le people / trash / racoleur pour être vendu.

Mais la base de tout ça c'est le rééquilibrage du temps libre : on a plus trop envie de se consacrer à la lecture des informations, parce que ça peut être long et chiant, et qu'on privilégie d'autres trucs (série télé, jeu vidéo, musique, sortie, etc.). Du coup j'imagine qu'on préfère avoir la version simplifiée, quitte à ce qu'elle soit édulcorée et traitée à la va-vite.

Perso, au boulot le coin presse est très fréquenté, on y vient pour les quotidiens régionaux (quoi qu'on puisse en penser) pour la sacro-sainte info locale et les hebdos d'info (Le Point, Marianne, Courrier international, etc.) pour le généraliste. Mais aussi pour les passe-temps où les recherches persos (un four à acheter ? Capital, 60 millions de consos ; est-ce qu'on peut léguer un peu de pognon aux petits-enfants ? Dossier familial, Le Particulier). Mais ça n'est probablement pas représentatif de la société actuelle. [:fufufu]
L'important n'est pas de savoir vers où on s'enfuit, mais de savoir ce qu'on fuit.

Hors ligne Rincevent

Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #12 le: 09 septembre 2016 à 20:12:43 »
J'te jure... ::) La fin de l'article est priceless..
- Nan mais c'était bidon, en fait !
- Je vous crois pas ! [:kred]
 [:euh]
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/09/islam-et-agressions-vestimentaires-le-grand-emballement-des-faits-divers_4995305_4355770.html
L'important n'est pas de savoir vers où on s'enfuit, mais de savoir ce qu'on fuit.

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Re : Le rapport à la presse et à l'information
« Réponse #13 le: 24 mai 2017 à 21:37:51 »
De la journaliste Capucine Légelle :

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Petits rappels qui me semblent nécessaires aujourd'hui concernant le terrorisme :
- en Europe de l'Ouest, il est en baisse continue depuis les années 70. OUI OUI LE TERRORISME BAISSE. (grosse baisse : on tournait à 400-500 morts/an dans les années 70 -du fait de groupes politiques et religieux blancs, pas de vilains arabes- on est descendu à une centaine en moyenne)
- les musulmans sont les premières victimes du terrorisme mondial, ils représentent plus de 90% des morts
- seuls 5% des attentats en Europe sont commis par des "islamistes" (par contre ils représentent plus de 80% des attentats dont on parle à la télé)
- l'Occident est victime de 0,1 à 0,5% selon les années des actes de terrorisme dans le monde. (Je parle bien de l'Occident, c'est à dire les chiffres cumulés de tous les pays "riches", on est tellement peu touchés que même tous ensemble on n'atteint pas les 1%) (ceci concernant la période récente, depuis 2000)
Quand on vit en France ou aux Etats-Unis, on a excessivement plus de chances de se faire écraser par sa commode Ikea ou de se faire assassiner par un flic, que d'être victime de terrorisme.
Oui je fais du yoga mais même si actuellement je bosse en sous-marin, je suis toujours journaliste et j'aimerais que mes putain de confrères fassent leur putain de boulot au lieu de désinformer et créer des putain de mythes. Ne les encouragez pas en regardant/écoutant/lisant n'importe quoi..
Et en outrepassant mon métier pour donner mon avis : les "nous sommes en guerre", "nous ne sommes plus en sécurité nulle part" et autres "je suis mort de peur", pourraient peut être reprendre leurs esprits et prier pour ceux qui sont eux réellement dans des pays où on crève de faim et on se prend des bombes dans la gueule à n'importe quel moment.
Mais bon nous la décence c'est pas notre fort, hein. Allez, je retourne sur mon tapis de course pour perdre ma graisse d'occidentale pauvre. Si vous voulez vous insurger contre une violence réelle qu'on nous fait, et qui cause, elle, des centaines de millions de morts par an dans nos pays, en toute impunité, demandez vous pourquoi des fruits et légumes coûtent plus cher que des pizzas industrielles ou des chips..
Peace ✌🏽✌🏽
Et partagez, partagez, partagez, on a plus que jamais besoin de vraie information..
MAJ : pour ceux qui souhaitent aller lire les chiffres à la source : Global Terrorism Database : https://www.start.umd.edu/gtd/

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