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[G] Bilan Episode G

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hugo:
A moins d'un mois de la sortie du vingt-et-unième (numéroté 20) et ultime tome d'Episode G, peut-être serait-il temps que chacun fasse son bilan du premier manga spin-off de Saint Seiya, au bout de presque 11 ans de publication (irrégulière sur la fin), un record dans la franchise.

Comment on est passé de la curiosité à la source des débats les plus enflammées puis au passage au second plan puis au trou noir, puis à une fin dans une certaine indifférence...

Tranche de vie, tranche d'histoire, voici mon bilan, forcément subjectif.

Avant les vôtres, bien entendu ^^

Les origines

Fin 2002, la communauté Saint Seiya est dans la complète ébullition : le chapitre Hadès, ce serpent de mer vieux de plus de 10 ans, connaît enfin une adaptation animée. Plus grande monde n'y croyait. C'est le début "symbolique" du revival (le début historique réel remontant à 2000, avec le rachat par Kuru des droits de ses séries, dont Saint Seiya).

Le "petit" fandom Saint Seiya, à l'époque nourri essentiellement aux fanfics et fanarts (via le site de Pegasus, par exemple), va drastiquement changer, avec le retour d'une multitude d'anciens téléspectateurs de la série TV. Le fandom Saint Seiya originel était en effet né avec l'arrivée de l'internet et essentiellement du fait de l'absence de suite à l'histoire, tant sur papier (Tenkai) que sur cellulo (Hadès donc).

Dans ce contexte exceptionnel, une nouvelle incongrue fait son apparition : un nouveau manga de Saint Seiya va être lancé, consacré aux aventures d'Aiolia et Aiolos. Ce n'est pas Masami Kurumada qui s'en chargera, mais Megumu Okada, un mangaka quasi-inconnu en France. La première image dévoilée a de quoi laisser perplexe : le style "shojo" est à des années-lumières de celui d'origine ou du "classique" Araki (déjà mis sur un piédestal par la communauté), les couleurs sont agressives et force est de constater que j'ai bien du mal à reconnaître Aiolia (des cheveux rouges ? [:fufufu])


(Note : ceci n'est pas l'image promotionnelle en question ^^ )

Après un prologue reprenant les événements bien connus et ne permettant pas de se faire une idée bien précise, l'histoire démarre réellement avec le chapitre 2. Première surprise : le monde extérieur (hors-Sanctuaire et autres domaines divins, donc), cet univers laissé assez rapidement de côté par Kurumada puis par le staff de l'anime, est à l'honneur. Okada n'hésite pas à nous balancer un incident nucléaire (basé sur des faits historiques, qui plus est) pour ouvrir les aventures d'Aiolia.

Le style graphique fait déjà débat. Cet aspect-là aura aussi sa part. Dans le chapitre 3, Shaka prend le thé et dans le 4, Okada nous présente le Sanctuaire dans sa vie quotidienne. Cette "humanisation" ne plaira pas à tout le monde.

Ces premiers chapitres peuvent donner l'impression qu'on va se farcir de courtes aventures globe-trotter d'Aiolia contre des ennemis de petit calibre, avec quelques Gold Saints en guest stars de temps à autre pour papoter avec le Lion et Saga Pope machiavélant dans son coin. Mais dès le chapitre 5, voici qu'Okada nous balance d'un coup tous les Gold Saints qu'ils n'avaient pas encore introduits. Et les diverses silhouettes menaçantes aperçues jusqu'à présent vont enfin se matérialiser en tant qu'ennemis concrets, avec des ptits noms.

Et voilà donc le chapitre 6 et sa surprise totale : les Gold Saints vont affronter les Titans, des Dieux !
Encore une donnée qui va être la source de multiples prises de becs sur les forums, car certains lecteurs ont du mal à digérer le fait que des mortels puissent tenir tête à des divinités sans le moindre boost de puissance.


Hypérion, il envoie du boulon.

C'est avec ce premier combat sérieux que G va vraiment réussir à se vendre auprès de moi. Un adversaire classe, de l'émotion, des rebondissements, et même de la stratégie (le coup de l'armure du Lion). Avec un Lion en sang tombant dans les pommes une fois l'ennemi parti. Je peux moins me focaliser sur le style graphique, car j'ai retrouvé dans cet affrontement le fameux "esprit Saint Seiya" : enflammage de Cosmos et autres traumatismes crâniens sur grandes envolées lyriques.

Ce faisant, Okada place d'autres pions pour la suite : des dialogues lourdingues écrits dans un japonais peu courant, le tout agrémenté d'une rhétorique immuable comprenant 3000 mentions des termes "mortel" et "dieu". Et  d'interminables combats s'étalent sur plusieurs chapitres de 40 pages. Bien sûr, comme c'est le premier, c'est encore light, et ça ne se voit pas.

L'âge d'Or (hihi)

A partir de ce moment, tant l'intérêt que la haine suscités par Episode G vont croître. Chaque mois, les fans se pressent pour grapiller les quelques lignes de textes et bouts de scans donnant des informations sur le nouveau chapitre. Hé oui, on n'est pas encore à l'ère de la scantrad en masse et quasi-instantanée.

G fait souvent la couverture du Champion RED - le magazine dans lequel il est pré-publié - et des tonnes de goodies (souvent des cartes) accompagnent les chapitres et les volumes reliés. Volumes reliés qui se paient le luxe de sortir en deux éditions.

Le tome 3 nous emmène à Jamir, offrant le prétexte idéal à Mû l'éxilé pour se bouger un peu et affronter lui aussi "son" Titan. A la fin du volume, Okada nous offre un épique confrontation Saga/Shura. Avec à la clé un Saint du Capricorne différent tant que du manga d'origine que de l'anime. Un personnage plus complexe qui malheureusement ne disposera jamais de conclusion satisfaisante à son histoire.

Et puis Saga n'est plus seul parmi les comploteurs diplômés. Il y aussi Pontos. Pontos, le type dont on comprend dès sa toute première apparition qu'il a une tronche de fourbe désireux de rouler tout le monde dans la farine, fut-elle divine. Malheureusement, là encore, le perso n'ira pas au bout, puisqu'il se contentera souvent de ricaner à coup de "je l'avais prédit, ça fait partie de mon plan". Sans qu'on sache avec certitude au final ce qu'était le plan en question.


Huhuhu, que je suis fourbe...

Par ailleurs, Okada entend lever le pied sur les Titans et prendre son temps pour les introduire. Du coup, une nouvelle classe d'ennemis se pointe : les Géants. Sans convaincre. Les nouveaux venus se révèlent n'être que des punching balls à Gold Saints, sans réelle personnalité ou background mythologique très approfondi. Okada enchaîne avec des monstres mythologiques aussi peu charismatiques et résistants.

Heureusement pour compenser tout cela, on a droit à la première victoire de Deathmask, le réveil d'un troisième Titan (Coeos) et même l'introduction des Bronze et Silver Saints inédits ! (Retsu et Noesis)
Ah, et puis Aiolia et Aiolos se voient dotés de nouvelles arcanes.

Vous me croirez si je vous dis que ce point-là fit aussi débat ? :D
(Le point d'orgue ayant été l'introduction du Photon Burst)

Rythme (plan-plan) de croisière

Malgré ses passages épiques, la formule d'Episode G commence à un peu trop se répéter : Gold affronte Titan, qui finit par se retirer en jurant que mwhaha, la prochaine fois on ne l'y reprendra pas. Surtout que le Gold en question est quand même souvent Aiolia, qui éclipse pas mal ses congénères, allant jusqu'à s'inviter dans leurs combats. L'intrigue a beau progesser (les derniers Titans se réveillent, Cronos récupère enfin son arme ... pour tomber amnésique et Pontos laisse les Titans dans le purin, prouvant définitivement qu'il est un fils indigne de sa maman), on a quand même un peu l'impression de stagner.

Il faut dire que le rythme mensuel couplé à la narration décompressée d'Okada et à ses dialogues redondants n'aident pas.

Néanmoins, G encaisse plutôt bien les années, alors que le film du Tenkai fait un four commercial et divise - une nouvelle fois - la communauté, puis que la première fournée des OAVs consacrés aux Enfers déclenche d'autres tirs de mortiers, entre changement de cast et réalisation revue à la baisse.

Et puis il y a la sortie d'un CD Drama, qui entrouvre la porte d'une possible adaptation animée....

Le labyrinthe et la toile : grandeur et décadence, l'inévitable décrochage

Le turning point qu'on attendait plus arrive avec le chapitre 39 : le Titan Japet se pointe pour enlever Lithos la servante et groupie n°1 d'Aiolia. Cette fois-ci, on sait qu'on y coupe plus : le Lion va devoir se rendre dans le repaire des Titans pour aller récupérer la malheureuse. Fini le sitting au Sanctuaire, en avant pour de nouveaux horizons, et des Titans qui ne vont plus lever le pied.

Peine perdue. Malgré un teasing face à Hypérion et une prestation sympathique d'Aphrodite (qui n'avait pas encore eu droit à son moment de gloire dans G), Okada s'embourbe dans un interminable combat contre Pontos. Pour ne rien arranger, il se casse le poignet, interrompant son travail pendant un mois.

Or, c'est que la situation a évolué, en cette seconde moitié d'année 2006 : deux nouveaux mangas Saint Seiya viennent de faire leur apparition. G n'est plus seul dans son créneau, et cela s'avérera déterminant.


Portraits robots : l'un de ces 2 mangas serait le fossoyeur d'Episode G...

Le premier - Next Dimension - n'est autre que la suite de l'histoire, par l'auteur originel qui plus est. Mais malgré le pedigree initial, le manga se prend vite les pieds dans le tapis, entre publication erratique, chapitres rachitiques, dessins à la baisse (même pour du Kurumada), colorisation amateur, intrigue décousue et Golds légendaires roulés dans la farine.

La véritable "menace" pour G viendra en fait du second manga, qui avait tout d'un pari limité : The Lost Canvas, issu de l'imagination d'unE mangaka inconnue, avec un trait assez shojo, et censé donner une vision alternative de l'histoire présentée dans Next Dimension. The Lost Canvas acquière vite l'adhésion du public : une publication hedomadaire et vraiment régulière, un trait proche de Saint-Araki et un souffle épique.

Par dessus le marché, Shiori Teshirogi - la petite nouvelle donc - ne va pas tarder en mettre en scène ses propres Gold Saints. Or d'une part ceux-ci sont des clones visuels de ceux bien connus des lecteurs, d'autre part, ils vont progressivement mais sûrement prendre la place du héros sensément principal de son histoire, Tenma de Pégase. Pour couronner le tout, le premier combat d'envergure d'un Gold Saint est une réussite : Albafica des Poissons devient une égérie, redorant (hihi) un signe autrefois si décrié. Les Golds, argument de vente n°1, viennent de se faire dérober par une autre série dérivée.

Et G dans tout ça ? Au tapis ?
Pas tout à fait. Le combat contre Pontos terminé, Okada a la bonne idée d'expédier pas moins de 5 autres Gold Saints aux côtés d'Aiolia. Et les rounds 2 contre les Titans, sans échappatoire cette fois-ci, arrivent enfin. Par ailleurs, c'est l'occasion pour l'auteur d'offrir enfin des histoires à ses principaux antagonistes, et les différencier les uns des autres. Des personnages tels que Japet et Crios prennent enfin de l'épaisseur, et un réel côté tragique.

Mais... mais... mais.
Mais Okada s'obstine malgré tout dans ses travers favoris : décompression du récit, dialogues pesants. De plus, il change à plusieurs reprises de style graphique. Sans pour autant le rendre plus lisible. La quantité d'encre utilisée pour certaines planches a de quoi faire stresser un imprimeur.

Mais le pire est encore à venir : alors que l'ultime combat contre Cronos s'annonce enfin, le manga cesse sa parution du jour au lendemain. Sans explication aucune. Nous sommes en Mai 2009, et durant presque 2 ans, G sera aux abonnés absents.

Si Next Dimension a droit aussi à des absences prolongées, elles s'avèrent plus ou moins expliquées. Episode G, lui, tombe dans un trou noir.

Et les petits nouveaux qui se sont mis (ou remis) à Saint Seiya avec The Lost Canvas et/ou les dernières fournées des OAVs Hadès oublient carrément l'existence de ce manga.

La surprise est d'autant plus inattendue quand le manga reprend sa parution en Février 2011. Mais pour 8 mois seulement. Et entre résumé d'épisodes précédents et introduction d'ennemis secondaires retardant le combat contre Cronos, on avance guère des masses.

Par ailleurs, G ne sort plus en deux éditions et ne fait plus les couvertures du RED depuis bien longtemps (les lolitas dénudées étant bien plus vendeuses apparemment). L'adaptation animée n'aura jamais vu le jour, au contraire de celle - certes incomplète - de The Lost Canvas. Et G n'est jamais évoqué - ou si peu - en dehors de G lui-même, au contraire de Next Dimension et TLC.

Ultime et cruelle fausse joie en Mars 2013 : le manga reprend... uniquement pour s'achever au bout de 4 mois, avec une fin incomplète, laissant une foule d'intrigues et de personnages en suspens.

A l'heure d'aujourd'hui, une suite apparaît hautement improbable : Megumu Okada, toujours occupé sur son manga fétiche Shadow Skill, s'est de plus engagé sur un autre projet. Par ailleurs, la place autrefois dévolue à Episode G dans le RED est laissée à un nouveau spin-off de la license : Saintia Shô. Tout un signe.

Bref, je suis un orphelin sur sa faim. Un gros merci à Okada, mais un merci amer.

Allez, un p'tit dernier pour la route :


Raitoningu borutoooooooo !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Prends ça dans ta gueule, vil dieu maléfique.

hugo:
Tu aurais du, car je l'évoque plus tard ^^

Prom:
Tu parles tout seul, hugo ?  [:homer1]

Bougloucass:
Le plus gros défaut de l'EPISODE G, c'est pour moi le fait que sur plus d'une vignette, même planche, on a du mal à comprendre ce qu'il se passe... du moins dans l'édition française merdique de Panini car dans les tomes japonais, ça passe mieux!!...
Par contre, chez Panini, les pages en couleur étaient nickels!!...
Ensuite, y a les dialogues : redondants!!...
Et les combats : beaucoup trop longs pour du SAINT SEIYA (du coup, certains contre les géants, surtout ceux gardiens de Cronos, auraient pu être zappés), du coup ça ne faisait plus trop SAINT SEIYA!!...

A part ça, j'ai adoré ce manga!!...
Sans être aussi bon que TLC (qui a en plus eu la très bonne idée de reprendre les codes graphiques du manga original, chose que tous les manga de la licence auraient dû faire à mon avis, comme les fameuses "bulles" en tache de sang), j'ai vraiment pris mon pied sur ce manga et l' "omniprésence" d'Aiolia ne m'a pas gêné, même si c'était encore mieux quand on suivait l'archéologue, Retsu et Misty!!...
L'histoire était bien fouillée (quand elle avançait du moins) et le design des sôma très beau!!...
Je pense que l'histoire connaîtra une conclusion un jour vu le Pontos final, par Okada lui-même ou un(e) autre, dans une suite revendiquée d'EPISODE G ou un autre manga!!...

J'aurais aimé quelques connections entre EPISODE G et TLC, ça aurait été très sympathique!!...

A part ça, vivement l'arrivée de SAINTIA SHÔ dans quelques jours, en espérant qu'elle se révèle à la hauteur des aventures imaginées par Megumu Okada et Shiori Teshirogi bien sûr!!...
Et que de nouveaux manga SAINT SEIYA continuent à voir le jour régulièrement!!...

Max:
nan j'ai supprimmé mon post parce que j'avais fait une petite erreur mais j'avais pas vu que Hugo avait déjà répondu.

Sinon pour moi G restera le manga a qui le destin n'aura jamais laissé aucune chance. que ce soient les fans, l'éditeur, l'auteur, malgré un potentiel palpable et bien plus important que les autres oeuvres, malgré un design original, malgré des personnages plutôt étoffés, c'est comme si tout avait été mis en oeuvre pour couler la série (j'ai parfois la même impression avec omega S2, dans un autre genre).

Au final, G est encore pire qu'un objet de moquerie, c'est "rien", c'est le manga qui n'existe pas. Et pourtant...

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