Bon, par où commencer

Comme sans doute la majorité dans notre plat pays c’est évidemment par Albator que j’ai été initié au « Leijiverse » alors le plus simple sera évidemment de commencer par là.
Contrairement a beaucoup je dois avouer néanmoins que plus qu’Albator 78 qui est souvent considéré comme LE classique, c’est bel et bien le parfois mésestimé
Albator 84 qui m’a le plus marqué.
Il faut dire que je n’ai aucun souvenir d’Albator 78 dans mon enfance étant trop jeune à l’époque pour m’en souvenir (sans parler du fait que la série n’est que très rarement repassée à la télévision) au contraire d’Albator 84 qui a toujours laissé un trace dans mon inconscient (et a été bien plus souvent rediffusé il faut l’avouer). J’ai d’ailleurs pendant longtemps pensé que Albator 78 (qui n’était pas appelée ainsi à l’époque) était la suite directe d’Albator 84, peu conscient que c’était une série antérieure.
Mais après ce n’est pas qu’une question de nostalgie – Albator 84 est vraiment à mon sens la quintessence de l’univers Matsumoto ; ce qui diminue en rien les qualités d’Albator 78, mais il faut bien admettre que cette dernière série prend bien plus de libertés (et j’ai cru comprendre que Matsumoto n’avait pas été très friand de cela, menant à un contrôle bien plus direct sur les autres créations animées de son univers).
Alors il est vrai qu’Albator 84 souffre un peu d’une fin clairement bâclée et précipitée (mais qui pour le coup, a le mérite d’être là) – mais le reste
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Déjà impossible de ne pas citer Arcadia of My Youth, véritable chef d’œuvre s’il en est, mais la série elle-même reste à mon sens excellente – la réalisation est irréprochable et techniquement autant que visuellement c’est quand même magnifique pour l’époque. Mais autant la trame de la lutte contre les Illumidas reste classique, autant le développement de l’histoire et surtout des personnages est tout simplement fabuleux…
C’est d’ailleurs en ça que je préfère aussi Albator 84 à 78 – dans 78 tout est froid et détaché (ce qui contribue à son charme mais…), là où les personnages d’Albator 84 apparaissent beaucoup plus humains et attachants, et surtout Albator en tête. Les relations entre les personnages sont merveilleusement développées – notamment tout ce qui tourne autour des relations entre Albator, Tochiro et Emelraldas. Comment ne pas être touché et frappé par ce « sacrifice » final et le liant de son âme à l’Arcadia? C’est d’ailleurs aussi pour ces personnages que j’adore Albator 84 – et je dois bien avouer que l’absence de Emeraldas et Tochiro dans Albator 78 se fait cruellement sentir.
Mais ce développement des personnages se retrouve aussi dans sa relation envers ses ennemis – le mépris d’Albator envers les lâches et perfides Illumidas, avec à l’opposé le respect clair et affiché envers ceux de ses adversaires qui se comportent comme de « vrais marins ». Et j’aime aussi toute cette quête de la « Planète Idéale » et les thématiques diverses (tel la supériorité de l’esprit humains sur les machines) qu’on retrouve de par la série.
Et c’est aussi sans parler de l’ambiance – la musique Shunsuke « DBZ » Kinkuchi est magnifique, parfois touchante et contribue aussi à donner une ambiance très cape et d’épée à cette série. Car oui c’est aussi là qu’est la force d’Albator 84 face à a son ainé – cette sensation d’être réellement dans une série de cape et d’épée, où contrairement à 78 – Alabtor agit comme un vrai pirate, avec des abordages sauvage de vaisseau ennemis, de purs duels au sabre avec les adversaires… et j’en oublie… mais c’est là qu’est tout le charme de cette série car on a réellement le sentiment de suivre une histoire de pirate digne de vieux films de cape et d’épée, mais tout simplement transposé dans l’espace.
En bref à mes yeux, Albator 84 passe à deux doigts du chef d’œuvre, entaché uniquement quelque peu par le Deus Ex Machina final un peu facile, mais qui ne saurait gâcher la grandeur de cette œuvre. Albator 84 (autant la série que le film qui de toute façon sont indissociables) est d’ailleurs la raison pour laquelle j’aurais toujours un respect inébranlable pour Tomoharu Katsumata, car on a réalisé une œuvre de cette qualité je ne peux que tirer mon chapeau, et peu importe si sa carrière a eu des errements par la suite.
Mais passons maintenant à
Albator 78. Alors certes ça peut paraitre bizarre de l’évoquer après Albator 84, mais dans la mesure où je l’ai découverte après cela me parait logique. Ma découverte d’Albator 78 est en fait venue tardivement, sans doute vers 1996 ou 1997, à l’époque où AK Video (devant le prix exorbitant de la VF d’Albator) avait décidé de sortir la série originale en cassette vidéo directement en VO Sous-Titré. Ce fut frappant mais dans le bon sens – le côté visuel était certes délicat à digérer comparé à Albator 84, mais j’avais été frappé par l’ambiance globale de la série, aidée tant par la mise en scène très particulière de Rintarô que la magnifique musique de Seiji Yokohama. La différence avec Albator 84 m’a frappé aussi – parfois dans le bon, parfois dans la mauvais sens, mais après il faut bien avouer que cette série à son identité propre.
Malheureusement AK Video mis un terme à cette édition après 4 volumes, et il me fallut attendre 2 ans de plus pour en découvrir la suite quand ils acquirent enfin la version française et sortirent l’intégrale en deux volumes. C’est sûr que mon impression sur la VF fut plus mitigée - il y a certes un doublage d’excellente facture (même si je ne suis pas très fan de Darbois en Albator – pour moi le regretté Francois Lecchia était vraiment LA voix française d’Albator, et j’ai toujours regretté qu’on ramène Darbois pour certaines VF d’œuvre récentes, d’autant qu’il semble s’en foutre clairement et ne fait même pas l’effort de le doubler avec la même voix)… mais alors la musique quelle horreur. J’irai pas jusqu’à dire que ça a gâché ma vision de la série… mais presque, car les horribles compositions de Charden/Barbelivien détruisent toute l’ambiance unique de la version originale. Bouh. J’ai d’ailleurs toujours voulu revoir la série entière en fansub, mais je n’en ai jamais vraiment eu le temps.
Après j’aime tout de même beaucoup cette série, mais pour moi elle n’a pas le charme d’Albator 84. Et je dois quand même avouer que tout le passage concernant le passé des personnages… j’aime moyen et j’ai toujours eu beaucoup de mal tant cela parait en contraste totale avec le Leijiverse. Par contre je dois bien avouer avoir plutôt bien aimé les ajouts de Vilka et Stellie/Mayu pour le coup, ainsi que le fait que la série ait une vraie fin, contrairement au manga.
Pour la suite je me souviens avoir été très enthousiasmé quand j’avais lu dans Animeland à l’époque que Matsumoto avait récupéré les droits de toutes ses œuvres et prévoyait de nouvelles adaptations. Je passerais rapidement sur
Queen Emeraldas – je n’avais vu que le premier épisode sur GameOne (que j’avais trouvé correct mais anecdotique) mais je n’ai jamais vu les 3 autres sachant que les deux derniers ne sont de toute façon jamais sortis du Japon.
Venons en au controversé
Harlock Saga – personellement j’avais vraiment bien aimé. C’est sûr que le graphisme choque (on remerciera Hideyuki Takashi d’avoir comme pour B’tX décalqué bêtement le style vieillot de l’œuvre originale), mais j’ai toujours adoré la façon dont Matsumoto avait adapté l’opéra de Wagner à son univers. En parlant de ça d’ailleurs je me sens obligé de mentionner le formidable travail de Kaoru Wada (si si !) sur la musique de ces OAVs, mélangeant brillamment composition originales et réarrangements de Wagner (On peut dire ce qu’on veut mais les scènes de bataille sur fond de chevauchée des Valkyries, que demander de mieux ?). Ma seule réelle frustration à l’époque venait bien évidemment de la fin par trop « ouverte » appelant comme souvent chez Matsumoto une suite qui ne viendra jamais.
Sur ce je vais citer simultanément les deux séries suivantes d’Albator :
Cosmowarrior Zero et
Endless Odyssey. Je les cite ensemble parce que je les ai découvertes en même temps, mais aussi car je trouve qu’elles offrent un saisissant contraste par leur contexte, avec Cosmowarrior Zero nous montrant sans doute l’Albator le plus jeune qu’on ait vu (mais aussi le plus humain) là où Endless Odyssey nous en présente sans doute la vision qui la plus froide.
Cosmowarrior Zero est une série que j’aime beaucoup – et je classe dans la catégorie des mésestimée, voire des méconnues vu le peu dont j’entends les gens en parler. Alors certes la réalisation technique ne restera pas dans les annales mais par contre j’aime beaucoup l’univers et l’histoire présenté. Zero et son équipage du Kinryu sont très attachant et bien développés et la côté contrepied est intéressant, avec les premiers épisodes établissant clairement Albator comme l’antagoniste de la série et l’ennemi à l’abattre. En 13 épisodes tout passe très vite, mais le rythme ne retombe jamais. C’est parfois un peu cheap, mais pourtant c’est passionnant outre le côté préquelle d’Albator, le fait que ça ait aussi un net côté préquelle à Galaxy Express 999 contribue a faire de cette courte série un coup de cœur pour moi.
Pour Endless Odyssey c’est tout simplement du grand art. Plus que du Matsumoto, on est clairement dans une vision très personnelle du personnage par Rintarô, peut être plus encore qu’Albator 78 (dont il est par bien des points la « suite » et ça m’irrite d’ailleurs beaucoup quand j’entends des gens dire que Endless Odyssey est une sorte de remake). En ça c’est plus cérébrale et froid – mais l’ambiance est tout simplement superbe avec des moments réellement oniriques. C’est sans parler non plus de la réalisation technique époustouflante et du magnifique character design de Nobuteru Yuki [ :love]. Mon seul regret : la fin abrupte qui ne mènera jamais à rien, vu qu’on n’aura jamais d’autres « Outside Legends » (et je suppose que les conflits entre Rintaro et Matsumoto ayant eut raison du projet initial).
Pour finir sur les adaptations animées du personnage, je mentionnerai le sympathique Gun Frontier, même si ce western un peu ‘hot’ a des rapports assez lointains avec Albator dans l’absolu (et avec une belle fin en queue de poisson pour changer !)
En terme de mangas, je dois dire avoir beaucoup aimé le manga original parut chez Kana – seule frustration évidement le fait qu’il y a si peu de tome, et pas de fin (je me suis d’ailleurs toujours demandé le pourquoi de cette annulation au Japon). J’ai aussi beaucoup aimé l’Anneau des Nibelhungen même si là encore l’absence du dernier Chapitre de cette tetralogie à son coté frustrant (ca me fait penser que j’ai quelque part les version anglais du début du Crépuscule des Dieu qui était dispo gratuitement sur le site de Mastumoto à l’époque – faudrait que je m’y mette à l’occasion ^^’)
Enfin le lecteur avisé notera que je n’ai parlé a aucun moment de continuité ou de cohérence sur ce long message – parce que effectivement la continuité dans le Leijiverse est très secondaire, mais pour moi c’est une qualité et c’est ce qui fait sa force : car dans l’absolu ça nous oblige à jauger chaque œuvre par elle-même, pour ce qu’elle est, plutôt que de partir dans des considérations futile sur un quelconque canon (d’ailleurs quand quelqu’un me saoule a propos de la canonicité dans tel ou tel univers, j’ai tendance à conseiller de faire une cure de Leijiverse – après ça on n’en a cure

). Ceci dit il serait mensonger de dire qu’il n’y a aucune cohérence, mais le charme est là – quelque part tout se suit, mais tout est différent ; comme si chaque œuvre nous ouvrait une fenêtre légèrement différente sur ce même univers, avec une forme de continuité sous-jacente, mais totalement secondaire et faisant fis de ses incohérences car chaque univers est différent et c’est ce qui me penser que ce qui importe le plus à Matsumoto ce sont ses personnages.
D’ailleurs pour parler de cette « continuité » je trouve que le personnage d’Albator est un exemple parfait : il serait difficile de relier les différentes séries par leur univers ou leur histoire. Par contre malgré cela, on peut très facilement déceler une évolution du personnage selon s’il est plus ou moins avancé dans sa « carrière » et je trouve ça très intéressant quand on compare le personnage insouciant voir drôle de Cosmowarrior Zero, à celui très humain mais déjà meurtri d’Albator 84, pour enfin arriver au personnage très froid d’Albator 84 et encore plus de Endless Odyssey.
(J’ai d’ailleurs toujours pensé que la mort de Tochiro marquait cette rupture dans le personnage – son humanité disparaissant quelque peu avec la mort de son meilleur ami. Dans Albator 78, Mayu semble d’ailleurs être quelque part sa dernière once d’humanité… et le fait qu’il soit encore plus « froid » dans Endless Odyssey – cumulé à l’ambigüité de l’apparition fugace de Mayu – m’a toujours laissé penser qu’elle était peut-être morte. D’ailleurs le seul passage d’Endless Odyssey où il semble faire preuve d’humanité et de chauleur humaine me parait clairement être le moment où il retrouve Tochiro)
Et je trouve cela d’autant plus intéressant que c’est une évolution qu’on peut retrouver dans d’autre personnage du Leijiverse, notamment dans Maetel.
Sur ce je pense que ca suffira pour ce soir

Je voulais faire un post sur tout le Leijiverse mais vu l’énormitude de mon message en ne parlant QUE de Harlock je préfère attendre une prochaine fois pour le reste

-Sergorn