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Messages - Rincevent

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Sachant qu'elle a elle-même une maison de 150 m² à Saint-Mandé, une ville où le prix de l'immobilier est équivalent à celui de Paris [:lol] .
Le pire, c'est que sa proposition est sans doute bonne, mais je pense aussi que certaines personnes ont besoin ou juste envie d'habiter dans des maisons individuelles. Moi, par exemple, ce serait mon rêve, pour plus avoir de voisins, avoir un jardin, etc.
Oui et puis est-ce qu'elle se rend compte que ça signifierai plus de résidences secondaires pour ceux qui peuvent s'en payer ? [:aie]

Accessoirement, non une maison individuelle ça ne protège pas des voisins casse-couilles : tu as autant de bruit voire plus (c'est bon, on est dehors, là, on peut monter le son !), les odeurs et la fumée de barbecue qui t'obligent à rentrer quand tu ceux avoir la paix, les perpétuels bruits de tondeuses / coupes-bordures / motoculteur /  tronçonneuses, etc. Ma frangine est passée d'appartements à une maison de ville et elle voudrait maintenant une maison plus à la campagne, ne serait-ce que pour pouvoir être dans son jardin sans que les voisins ne puissent l'observer, ainsi que pour ne plus avoir tous les bruits de la vie urbaine (klaxons, sirènes, explosions de voitures la nuit, rodéos, etc).

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Je me suis mal exprimée, perso j'aimerais un volume autonome (et VF !) que je puisse ajouter à mes 28 tomes originaux (oui, parce que malgré toutes les fautes dans la 1e édition Kana, j'y tiens à mes reliques, pour tous les bons souvenirs d'avoir redécouvert Saint Seiya à travers eux ).
Ah ! Oui ben dans ce cas-là, moi aussi, évidemment. :o

Pour revenir aux prévisions, ma plongée récente dans les chiffres de vente de la licence m'a rendu extrêmement pessimiste quant à son avenir en France, en dépit du fait que le marché du manga explose chez nous depuis plusieurs années (cf ici ou ) et que même les classiques / épuisés en profitent.

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Ah tiens, je pensais l'avoir postée, celle-là. En dehors du fait que je trouve stupide et irresponsable de générer volontairement de la fake news, la démonstration est très intéressante.

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je préférerais voir sortir Zero/Origin/Destiny
Mais ces histoires SONT sorties. Intégrées dans la réédition du kurumanga.

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 Rome, la fin d’un empire de Claire Sotinel

Je n’étais pas sûr de pouvoir arriver au bout des trois volumes dans l’année mais finalement je leur aurai réglé leur compte en seulement cinq mois. Soit sans doute dans les 2500 pages si on vire glossaire, index et bibliographies. Passionnant de bout en bout, c'est un volume qui présente l'essor du christianisme, les migrations barbares, la division de l'empire. Les autrices relativisent beaucoup les notions de déclin, de décadence, de peuples barbares.

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Discussions / Re : Conneries du net ^^
« le: Hier à 13:36:48 »
Eviv Bulgroz ! :o

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 16 octobre 2021 à 21:34:25 »
Hin hin hin. 8)

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 16 octobre 2021 à 21:11:23 »
Un des touts premiers, du moins en France. À l'époque ça me faisait rire un peu, maintenant c'est tellement éculé... [:lol]

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Cinéma/TV / Re : Star Wars! NOOOOOOOOOOOOOOOO!!!!!!!!!!
« le: 16 octobre 2021 à 21:09:09 »
Mais ! [:lol]

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 16 octobre 2021 à 19:57:47 »
Des Tezuka ?! [:shun]

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Il est feinteur et demie, a priori.

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Discussions / Re : Conneries du net ^^
« le: 16 octobre 2021 à 14:18:36 »
Est-ce que ça changerait quelque chose, du coup ?

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C'est étrange, pourquoi le terme "connard" me vient-il en tête ? [:fufufu]
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/samuel-paty-certains-dessins-ne-sont-pas-faits-pour-les-adolescents-estime-alexis-corbiere-20211016

C'est un peu ennuyeux qu'il semble prendre une tentative pédagogique d'explication d'images polémique par un professionnel de l'enseignement pour une promotion de l'image, de leur auteur ou des messages sous-entendus susceptibles de leur être attribués. Mais bon, je suis sûr qu'il n'aura pas bien compris et qu'il ne cherche pas à faire de la provocation à laquelle s'ajouterait un prisme idéologique - qu'on pourrait trouver nauséabond par ailleurs - qui voudrait qu'on ne devrait pas critiquer la religion ni tout ce qui peut provenir d'une culture étrangère et / ou minoritaire en France. :o
Accessoirement, c'est hélas parce que les ados cherchent et trouvent tout seul sur le net qu'il faut les accompagner à exercer leur esprit critique, mais bon... ::)

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 16 octobre 2021 à 10:30:48 »
Et quand tu danses tu fais le moonwoke ? :o

EDIT : Ok, la brossette à dents utilisée comme marque-page, c'est fait... [:petrus] [:tsss]

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Discussions / Re : Conneries du net ^^
« le: 16 octobre 2021 à 08:44:52 »
Ça fait d'ailleurs un moment qu'on n'a pas eu de nouvelles d'Anakin Hayden Christensen. :o

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 15 octobre 2021 à 20:04:53 »
Mais combien de temps a-t-il mis pour trouver comment sortir ? [:aie]

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 15 octobre 2021 à 14:11:28 »
Si ça se trouve c'était un colis qu'attendait AZB... [:lol]
C'est atterrant mais d'un autre côté ça sent le contractuel balancé en tournée sans explications. [:petrus]

tu es devenu un woke ? [:kred]
En tous cas vu comment il est toujours nerveux, il doit manger beaucoup trop de viande rouge, donc il n'est pas très wok, ça c'est une quasi certitude. [:aloy]

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C'est charmant. [:petrus]

Une victime qui, je suppose, doit souvent s'entendre dire de la fermer. Il ne doit pas être très bien vu partout à gauche.
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Christophe Naudin « A force d'euphémiser l'islamisme, une partie de la gauche est devenue inaudible »

Rescapé du Bataclan, ce professeur d'histoire-géographie redoutait, depuis 2015, que l'école soit d'une façon ou d'une autre ciblée par les terroristes. Il revient sur sa « sidération » après l'assassinat de son collègue Samuel Paty
Christophe Naudin Propos recueillis par Luc Cédelle
page 32

Enseignant dans un collège en région parisienne, Christophe Naudin est l'auteur de Journal d'un rescapé du Bataclan (Libertalia, 2020), un livre dans lequel il revient sur le drame et sur son parcours de reconstruction, avant de critiquer durement une partie de la gauche, qu'il juge complaisante avec les islamistes.

L'assassinat de Samuel Paty par un jeune djihadiste, à partir d'une accusation relayée par un parent islamiste et avec le concours d'élèves qui l'ont désigné, vous est-il apparu comme un basculement ?

Comme tout le monde, j'étais sidéré, bien sûr, quand c'est arrivé. Sidéré, mais pas étonné sur le fond, car j'avais, depuis la rentrée 2016, cette crainteque les djihadistes s'en prennent à l'école, comme ils l'avaient annoncé dans leur propagande. Je savais qu'ils pouvaient cibler des enseignants, pour tout ce qu'on représente à leurs yeux et qu'ils haïssent. La menace planait. Des enfants ont été, c'est vrai, dans une forme de complicité, même si, évidemment, ils ne savaient pas ce qui allait arriver, mais c'est avant tout un attentat djihadiste. J'en veux plus aux parents qui étaient derrière, dans un tourbillon de surenchère. Ce qui s'est passé reflète aussi les problèmes que nous, enseignants, pouvons ren contrer, avec la pression exercée par certains parents et les contestations de certains élèves. Mais je ne pense absolument pas que la motivation des élèves impliqués était « djihadiste . Avec les réseaux sociaux, des affaires qui partent dans tous les sens, sans aller aussi loin, nous en avons régulièrement.

Professeur d'histoire et spécialiste de l'islam médiéval, vous avez été projeté au coeur de la violence extrême d'un événement historique. Cela a-t-il modifié votre perception d'historien ?

J'ai l'impression qu'au contraire cela a plutôt conforté cette perception. Le fait d'être historien, de travailler avec recul et méthode m'a permis de mieux amortir le choc. Je me dis parfois que, si cela m'était arrivé quand j'étais très jeune, j'aurais pu me replier sur moi-même, peut-être même tomber dans la haine des musulmans. Mon état d'historien, en fait, fait partie des choses qui m'ont protégé.

Votre expérience de « rescapé du Bataclan », que vos élèves ne peuvent ignorer, a-t-elle des conséquences sur votre pratique professionnelle ?

Je n'ai pas l'impression que cela ait changé ma façon d'enseigner. Par leurs frères ou soeurs que j'ai eus en classe les années précédentes, la plupart des élèves sont plus ou moins au courant. Mais j'en ai très peu parlé avec eux. D'une part, ils n'en prennent pas l'initiative et font plutôt preuve de pudeur. Même juste après, j'ai eu des témoignages discrets de sympathie, de soutien et très peu de questions du genre : « Vous avez vu les terroristes ? Vous avez vu des morts ? », etc. Sur ce sujet-là, j'ai eu plutôt des questions d'adultes.

D'autre part, je ne tiens pas du tout à leur dire : « Voilà, j'étais au Bataclan, donc je vais vous en parler en connaissance de cause. » Le seul moment où je me sers de cette expérience de façon vraiment ouverte et assumée, c'est quand on fait les exercices d'alerte intrusion au collège, pour rassurer les uns, trop troublés, sur le fait que « c'est pas pour de vrai », ou au contraire pour rattraper ceux qui ne sont pas assez attentifs. Pendant les cours, je ne m'en sers pas, oualors seulement quand on aborde des sujets proches. Par exemple, quand on parle de la guerre dans les tranchées. Je sais bien que ce que j'ai vécu au Bataclan est très différent, mais, sans leur dire certains le comprennent , je me sers de mon expérience pour essayer de leur faire saisir à quoi cela pouvait ressembler, dans les tranchées : avec le son, les cris, les odeurs... Mais cela ne va pas plus loin.

L'affirmation du caractère inévitable, voire souhaitable, de la violence « accoucheuse de l'histoire » est très présente dans la rhétorique de la gauche radicale, qui est votre famille politique. Partagez-vous cette vision ou avez-vous pris vos distances ?

Un peu entre les deux. N'étant pas pacifiste, je ne rejette pas forcément toute forme de violence politique. L'histoire est pleine de violences légitimes. Je peux comprendre, même si cela ne me semble pas constructif, des réponses violentes à la violence de l'Etat, par exemple quand il y a des violences policières. Et je suis désabusé sur les méthodes pacifiques de négociation, dont on voit qu'elles ne marchent pas. Après, cela dépend de quelle violence on parle. Aujourd'hui, notamment dans les manifestations, certains profitent des circonstances pour pratiquer la violence pour la violence. Je n'en vois pas l'intérêt. Ce qui m'énerve, aussi, ce sont les gens qui défendent la violence, notamment des intellectuels de gauche, mais qui restent tranquillement chez eux ou bien y vont une fois pour avoir leur médaille du rebelle. La violence romantique, du type : « On va aller casser du flic parce qu'on est des gros rebelles », je trouve cela complètement idiot et vain.

Vous exprimez, dans votre livre, votre colère envers deux courants : d'un côté, ceux qui exploitent les attentats pour propager la haine des musulmans; de l'autre, les militants de gauche qui « frayent avec les islamistes ...

Je ne dirais pas que ce courant-là excuse ou justifie le terrorisme, mais il pratique, à des degrés divers selon les personnalités, une forme d'euphémisation que je trouve caricaturale et insupportable. Je suis plus violent avec les représentants de ce courant, car, effectivement, c'est mon camp politique. De mes adversaires politiques, je n'attends rien. Alors que de mon propre camp, par définition, j'attends quelque chose. Cela continue de m'énerver, même si j'ai, aujourd'hui, moins de colère dans l'expression qu'au moment de l'écriture de mon livre.

Mais vous tracez souvent un trait d'égalité entre les uns et les autres. Vous dites même qu'ils vous font « vomir » indifféremment...

C'est vrai quand je l'écris, et je ne retire rien. Mais j'ai précisé, dans la postface, que je ne les mets pas sur le même plan. Je ne vais pas placer à égalité avec l'extrême droite ou la droite dure des personnes comme Edgar Morin ou Edwy Plenel. Je respecte évidemment Edgar Morin, même si certaines de ses prises de position continuent de m'attrister. Et je me sens proche d'Edwy Plenel par ses choix politiques d'ensemble.

En revanche, c'est vrai que j'ai un mélange de colère et de déception à voir des gens que j'apprécie sur d'autres sujets s'accrocher à des grilles de lecture à mon avis complètement dépassées. Par exemple, celle qui voudrait expliquer les attentats par le soi-disant anti-impérialisme des terroristes et non par leur fanatisme religieux. Celui-ci est bien antérieur aux premières frappes occidentales en Syrie, antérieur même à la guerre en Irak, car la confrontation fait partie de leur projet. Sur ces sujets, le dialogue est quasi impossible avec une partie des militants de gauche. On en arrive même à devoir leur rappeler que la France s'était opposée à l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, en 2003.

Après le choc créé par l'assassinat de Samuel Paty, j'ai eu un espoir, malheureusement de courte durée, que ces illusions se dissipent. Puis sont réapparues les tribunes dans les médias, d'intellectuels et de stars du cinéma, décrivant le ter rorisme comme une réplique aux interventions occidentales en Syrie, en Libye ou au Mali. Ou encore affirmant que le débat serait interdit sur ces sujets, alors qu'on n'a jamais cessé d'en débattre !

Parallèlement s'est affirmé, à droite, un discours accusant une partie de la gauche d'être « complice du terrorisme ...

C'est également absurde, bien sûr. En revanche, cette gauche-là a une grave responsabilité dans la situation actuelle : celle d'avoir contribué à porter l'extrême droite au plus haut niveau. A force d'euphémiser l'islamisme, de refuser de parler de certaines choses, de dire que tout est de la faute des médias, de ne pas vouloir admettre que les intégristes représentent une partie de l'islam, ils sont devenus inaudibles. A force, pour certains, de s'acoquiner avec des gens qui, sans être des djihadistes, sont dans une forme d'islamisme radical, avec des discours ambigus y compris par rapport au terrorisme, ils ont aussi ouvert la voie au pire discours islamophobe. Aujourd'hui, et même au-delà de leurs rangs, une grande partie de la gauche est taxée d' « islamogauchisme » - une notion que je récuse et ne peut plus décoller cette étiquette. En fait, c'est indirectement toute la gauche qui paye la facture de leur aveuglement.

Vous avez participé avec eux à la très controversée manifestation du 10 novembre 2019 à Paris contre l'islamophobie !

Je m'en suis expliqué en précisant que je n'étais pas sur la ligne des organisateurs, mais que je me sentais obligé de marquer le coup. Il y avait un tel climat angoissant entre l'attaque contre la mosquée de Bayonne et une montée des propos dirigés contre les musulmans en général que je me suis dit que je ne pouvais pas rester chez moi. Je voulais aussi voir, aux côtés des manifestants, comment cela se passait vraiment. Quand l'ancien directeur exécutif du Comité contre l'islamophobie en France, Marwan Muhammad, a appelé, de manière totalement provocatrice, à scander : « Allahou akbar ! », j'étais à 20 mètres derrière lui, avec plein de gens autour de moi, y compris des femmes voilées, qui n'étaient pas du tout d'accord.

Mais, comme les quelques scandaleuses étoiles jaunes, c'est cela qui a fait la « une », alors que c'était ultraminoritaire. Il y avait des gens très divers dans cette manifestation : des musulmans lambda, des non-musulmans, des militants ou sympathisants de différents partis politiques... et pas de slogans haineux, comme on avait pu en entendre lors des manifestations contre les bombardements de Gaza, en 2014. En fait, j'ai été très rassuré par les gens qui ont manifesté ce jour-là, et je maintiens qu'il fallait y être.
https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/15/assassinat-de-samuel-paty-a-force-d-euphemiser-l-islamisme-une-partie-de-la-gauche-est-devenue-inaudible_6098447_3232.html

La normalité libanaise... [:ok]
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Une éruption de violences à Beyrouth réveille le spectre des années noires au Liban
Hélène Sallon

Jeudi, des manifestations des mouvements chiites Hezbollah et Amal contre l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth ont fait six morts dans un quartier chrétien de la capitale, là où l’étincelle de la guerre avait jailli en 1975.

Des colonnes de l’armée libanaise sont postées autour du carrefour de Tayyouneh, le long de la route qui délimite le quartier à majorité chrétienne d’Aïn El-Remmaneh de celui de Chiyah, à majorité chiite, au cœur de Beyrouth.

Des dizaines de jeunes hommes tournent à scooter et immortalisent les stigmates des affrontements qui ont opposé, quelques heures plus tôt, jeudi 14 octobre, les deux quartiers où vit un prolétariat d’ouvriers et de petits commerçants. Les impacts sur les voitures, les débris des vitrines qui ont explosé sous les balles et les restes de roquettes : de chaque côté de la route, redevenue une frontière comme au temps de la guerre civile (1975-1990) quand elle dessinait la ligne de démarcation entre Beyrouth-Ouest et Beyrouth-Est, les habitants s’affairent à effacer ces traces.

L’éruption de violences, qui a fait six morts côté chiite et trente-deux blessés, terrorisé les enfants des écoles alentour et fait fuir des familles entières, a ravivé le souvenir des années noires. Dans l’inconscient collectif, le quartier d’Aïn El-Remmaneh est le lieu où l’étincelle de la guerre avait jailli, le 13 avril 1975. Les réflexes communautaires et la polarisation politique ont été ravivés depuis 2019, au fur et à mesure que le Liban s’enfonçait dans la crise économique, puis avec l’explosion sur le port de Beyrouth, en août 2020. A tel point que certains redoutent que l’escalade orchestrée par les mouvements chiites Hezbollah et Amal autour de l’enquête sur ce drame ne soit le prélude à un nouveau cycle belliqueux.

Le tandem chiite avait appelé à manifester, jeudi, devant le palais de justice de Beyrouth pour dénoncer la « politisation » du juge d’instruction, Tarek Bitar. Soupçonné de ne pas être étranger à la présence de substances explosives sur le port, le Hezbollah est sur la défensive. Son chef, Hassan Nasrallah, a haussé le ton, lundi, face à l’entêtement du juge à interroger de hauts responsables, dont deux anciens ministres d’Amal. Les ministres chiites ont menacé de démissionner si le gouvernement n’intervenait pas pour écarter le magistrat. « Il y a une volonté délibérée de faire un coup de force contre le système judiciaire. Ils font feu de tout bois. Il semble clair que quelque chose les inquiète dans l’enquête, ils veulent en contrôler tous les rouages », analyse Karim Bitar, directeur du département de sciences politiques de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

Ne pas céder aux « intimidations »

La veille de la manifestation, Samir Geagea, le chef des Forces libanaises (FL), un parti issu d’une ancienne milice chrétienne, avait appelé à ne pas céder aux « intimidations » du puissant mouvement chiite. La communauté chrétienne garde la conviction que l’explosion du port était une attaque dirigée contre eux, dont le Hezbollah porte la responsabilité. La perspective que des partisans du Parti de Dieu traversent ses quartiers, vécue comme une provocation, a attisé les peurs. Sur les réseaux sociaux, des messages ont battu le rappel des factions chrétiennes pour empêcher la marche de parvenir à Beyrouth-Est.

Devant le palais de justice, la manifestation avait commencé dans le calme, jeudi matin. Quelques centaines de partisans, seulement, du Hezbollah et d’Amal, étroitement encadrés, scandaient des slogans contre le juge Bitar et l’ambassadrice américaine, Dorothy Shea, présentée comme sa donneuse d’ordre. « Il n’y a pas eu une grande mobilisation parce que les gens sont dégoûtés par la crise. Le prix du pain a dépassé les 6 000 livres [3,40 euros], il n’y a plus d’électricité : ils ne vont pas aller manifester pour Ali Hassan Khalil, un député ultrariche [convoqué par le juge Bitar] qui ne leur a rien apporté », témoigne, sous le couvert de l’anonymat, un habitant d’un quartier chiite tenu par le parti Amal.

Mais des tirs ont soudain éclaté à quelques centaines de mètres. « Il y a eu des tirs contre des gens d’ici, des partisans du Hezbollah et d’Amal en route vers le tribunal, au rond-point de Tayyouneh. Cela venait des immeubles d’en face, peut-être dix à quinze snipers qu’on ne pouvait pas voir. L’armée est restée sans bouger, les gens du quartier ont alors pris les armes. Des deux côtés. Là-bas, ils étaient préparés depuis [la veille], comme en mission », affirme Ali, un agent de voyages du quartier de Chiyah, attablé à une table de café, fumant la chicha. Les tirs sporadiques ont rapidement laissé place à des combats de rue à l’arme automatique et au lance-roquettes, entre des hommes, pour certains masqués et portant un brassard du Hezbollah et surtout d’Amal.

Tireurs embusqués

A Aïn El-Remmaneh, les habitants assurent que des accrochages ont précédé les tirs des snipers. « J’étais sur mon balcon, j’ai vu arriver une foule de manifestants aux cris de “Chiites, chiites”. Une vingtaine de jeunes du quartier étaient rassemblés. Au passage des manifestants, je ne sais pas qui a commencé, il y a eu des jets de pierres, puis les tirs. Une voiture étrangère au quartier, avec des hommes armés de bâtons, venait en aide aux jeunes qui, petit à petit, sont partis chercher des armes et des renforts », affirme un habitant désireux de conserver l’anonymat. La provocation est, pour beaucoup, le fait de l’autre camp. « Ils viennent nous menacer et nous imposer leur mentalité ! Ce sont des pauvres gens, qui ont subi un lavage de cerveau. Est-ce qu’on peut se faire taper dessus sans répondre ? », interpelle Majid Zeidan, un sexagénaire.

Le déploiement de l’armée a calmé le jeu. Neuf personnes ont été arrêtées. L’identité des tireurs embusqués n’a pas été éclaircie. Le Hezbollah et Amal en ont imputé la responsabilité aux FL, qui tiennent le quartier d’Aïn El-Remmaneh. Pour ces derniers, ce sont les « incitations » du tandem chiite contre le juge Bitar qui ont mené à l’escalade. « Ils veulent empêcher que justice soit faite par une action sur le terrain contestable. Les tirs ne sont absolument pas venus des Forces libanaises, réagit Pierre Abi Assi, un député des FL. On ne mise pas sur nos capacités militaires pour nous défendre, car cela affaiblirait l’Etat. Il revient à un juge d’instruction d’établir les responsabilités des deux côtés. »

« Il y a une montée aux extrêmes. Le Hezbollah se décomplexe, fait un coup de force judiciaire et impose son pouvoir à tous, ce qui, en réaction, renforce l’irrédentisme chrétien. L’esprit de corps les pousse à se précipiter chez Samir Geagea, l’homme fort du camp chrétien qui, faut-il le souligner, a le soutien des Saoudiens et se présente en ultime rempart face au Hezbollah », résume Karim Bitar. Chacun a fait passer son message. Mais, bien qu’étant le plus puissant, le Hezbollah a une nouvelle fois pu tester les limites de sa force, après, déjà ces derniers mois, des accrochages avec les communautés druze et sunnite. « Le communautarisme libanais, avec toutes ses tares, l’empêche d’aller au-delà de ses frontières naturelles. Il s’expose à un violent retour de bâtons », poursuit M. Bitar.

Faiblesse de l’exécutif

Le mouvement chiite ne renoncera peut-être pas pour autant à sa campagne contre le juge Bitar, même si l’ouverture de la session parlementaire, le 19 octobre, devrait empêcher ce dernier de poursuivre les auditions des anciens ministres aujourd’hui députés. « C’est devenu une question existentielle pour le Hezbollah, juge un observateur étranger. Nabih Berri [le chef d’Amal], lui, craint que son système s’effondre si l’un parle au juge. » Paris et Washington ont réitéré le souhait que la justice libanaise puisse « travailler de manière indépendante et impartiale ». Mais, bien plus que leurs pressions, c’est celle du camp chrétien qui s’exerce sur le président, Michel Aoun, en faveur du maintien du juge Bitar.

Pris en otage entre les deux camps, l’exécutif montre plus que jamais sa faiblesse. « Ils ne peuvent rien faire. Les FL ne soutiennent pas le gouvernement. Le Hezbollah a son propre agenda. Le gouvernement de Najib Mikati va acheter du temps jusqu’à ce que la situation évolue, mais il est coincé sur tous les dossiers. Il n’est pas certain qu’il tienne jusqu’aux élections », prédit Khaldoun Al-Sharif, analyste politique et ancien conseiller du politicien sunnite. M. Mikati a assuré que le gouvernement surmonterait ce revers, tout en laissant entendre que les événements pourraient compromettre la tenue d’élections au printemps.

A Aïn Al-Remmaneh et Chiyah, ces jeux de pouvoir sont perçus avec un même fatalisme désabusé. « Le Liban, c’est la même chose depuis cinquante ans. Le problème, ce n’est pas les gens, mais les dirigeants. Nous, dans une semaine, on se reparlera normalement », assure Ali, l’agent de voyages chiite. « C’est un jeu, abonde d’une voix lasse Haddad Rami, un retraité chrétien. Tout le monde est impliqué, des forces internes comme étrangères. Il y a un plan plus grand derrière ça : faire que les rues s’embrasent et que les deux camps s’opposent. Au final, on est tous perdants. » A la nuit tombée, des barrages ont été érigés par l’armée. Les vigies de quartier ont pris position, talkie-walkie à la ceinture, prêtes à surveiller toute la nuit le moindre mouvement du camp opposé. Vendredi matin, le calme régnait sur la ville.
https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/15/au-liban-le-spectre-des-annees-noires_6098497_3210.html

Un château de carte sur le point de s'écrouler ? [:what]
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Une Russie riche, mais des Russes pauvres

Le pays, dépendant des hydrocarbures, est très inégalitaire. Malgré de bons indicateurs macroéconomiques, seule une minorité profite des exportations de matières premières, pendant que le niveau de vie d'une grande majorité ne cesse de se dégrader
Benoît Vitkine

Moscou correspondant - C'est, au cours de la campagne pour les élections législatives du mois de septembre, l'assistant d'un élu d'opposition de la grande banlieue moscovite qui confie nourrir sa famille en se fournissant en produits périmés. C'est une retraitée de Tcheliabinsk, dans l'Oural, qui raconte à un site local se priver de betteraves, trop chères pour sa pension de 10 000 roubles (120 euros). Ce sont des familles pour lesquelles un rendez-vous chez le dentiste est une catastrophe. C'est un Vladimir Poutine obligé de taper publiquement du poing sur la table pour « exiger » une baisse du prix des pâtes...

Après vingt ans de règne de Vladimir Poutine en Russie, le constat, en forme de paradoxe, est frappant : le pays n'a jamais été aussi riche; ses habitants s'appauvrissent année après année. Pour chacune de ces affirmations, les indicateurs sont clairs. D'un côté, ils sont d'un vert éclatant. A l'exception de l'année 2020, le budget est à l'équilibre ou excédentaire; la dette publique ne dépasse pas un enviable 18 % du produit intérieur brut (PIB); au dernier pointage en septembre, les réserves financières atteignaient 618 milliards de dollars (535,2 milliards d'euros), soit deux années et demie de budget.

De l'autre côté, ils sont rouge vif. Le taux de pauvreté s'établissait, début 2021, à 13,1 %, en hausse quasi constante depuis 2012. Et ce, avec un seuil de pauvreté défini par la loi particulièrement bas 11 700 roubles par personne. Les données de l'agence officielle de statistique Rosstat sont plus parlantes. Elles indiquent, par exemple, que 62 % des Russes ont des revenus qui suffisent à payer la nourriture et les habits.

Hausse des prix

Le salaire médian, dans le pays, s'établit à 32 400 roubles, la retraite moyenne, à 16 800 roubles. Selon une étude du centre Levada, une ONG russe indépendante, les deux tiers des Russes n'ont pas la moindre épargne, et, en l'absence de filet de sécurité efficace, sont particulièrement vulnérables aux aléas de la vie.

Les deux premiers mandats de Vladimir Poutine avaient été marqués par une forte hausse du niveau de vie en grande partie attribuable à une augmentation continue du prix des hydrocarbures et à un rattrapage, après le recul des années 1990. Une frange toujours plus importante de la population a pu découvrir la consommation de masse, les voyages, mais aussi l'endettement.

Depuis 2013, la tendance est tout autre. Durant cette période, pendant que le PIB augmentait d'un modeste 7,5 %, le niveau de vie des Russes a baissé de plus de 10 %, recul que la chute du rouble et la hausse des impôts ne suffisent pas à expliquer. Le phénomène, progressif, est devenu particulièrement douloureux au cours de l'année écoulée, avec une hausse soudaine et très marquée des prix des produits de première nécessité.

Russie riche, Russes pauvres. Le paradoxe n'est pas nouveau, si l'on songe au décalage entre les fastes de la cour tsariste et la misère noire des serfs. Mais le régime de Vladimir Poutine, avant de brandir la flamme du nationalisme et du militarisme, s'était installé sur la promesse de la prospérité. En 2008, alors chef du gouvernement, il prédisait encore que le salaire moyen atteindrait 2 700 dollars en 2020.

La première explication tient à la structure de l'économie russe et à sa dépendance extrême aux hydrocarbures, qui comptent pour un tiers du budget. « C'est un modèle qui crée peu de croissance et, surtout, ne génère quasiment aucun revenu pour la population » , constate l'économiste Evgueni Gontmacher, ancien vice-ministre de la défense sociale dans les années 1990 et membre du groupe d'experts Dialogue européen.

Pour ce spécialiste des inégalités, les gagnants de ces dix dernières années se trouvent dans la petite minorité qui profite des exportations de matières premières. Fonctionnaires et militaires ont aussi vu leurs revenus augmenter, pendant que les retraites stagnaient et que les employés du secteur privé voyaient leur situation se dégrader.

« L'angoisse du lendemain »

Autrement dit, en l'absence d'une volonté politique forte, la Russie reste un pays profondément inégalitaire. Selon les chiffres de Credit Suisse de 2020, les 1 % les plus riches détiennent près de 60 % des richesses nationales, contre 22 % en France. L'inégalité est aussi régionale : 72 régions sur 85 dépendent des subventions de l'Etat pour leur budget. Dans ces régions, un enseignant gagnera souvent moins de 200 euros par mois, un salaire qui peut être multiplié par cinq à Moscou.

Le budget russe est bâti sur l'hypothèse très raisonnable d'un baril à 43 dollars. Pourquoi ne pas utiliser les excédents pour améliorer la situation non seulement des plus pauvres, mais même des agents de l'Etat, mal payés ? Ou pour soutenir le secteur privé, qui ne représente, si l'on exclut les grandes entreprises liées à l'Etat, qu'un tiers de l'économie nationale, mais deux tiers des emplois.

Pour la plupart des experts, la réponse est d'ordre psychologique, qui pousse les décideurs russes à emmagasiner des réserves. « L'angoisse du lendemain et l'idée que tout peut s'écrouler sont profondément ancrées chez les élites sorties des années 1990 , souligne Igor Nikolaev, fondateur du cabinet de conseil FBK. Elles ont une obsession de la stabilité macroéconomique et des indicateurs flatteurs, mais, en l'absence d'un vrai développement économique, c'est une stabilité trompeuse. »

Pour Evgueni Gontmacher, « Poutine et le gouvernement ne croient pas à la possibilité de rendre l'économie plus performante. C'est de courte vue, mais c'est rationnel : tant qu'on peut vendre du gaz cher, et tant que les gens ne protestent pas, pourquoi changer ? Et, en attendant, on fait des réserves pour le prochain coup dur. »


Le politiste Fiodor Kracheninnikov, proche de l'opposition libérale, va plus loin : « Dans la représentation des élites au pouvoir, l'argent des réserves, c'est le leur, pas celui du peuple. Ils considèrent qu'il doit être utilisé pour des choses sérieuses, la Syrie, la Libye, pas pour soutenir des gens, les entrepreneurs, qu'ils ont toujours considérés comme suspects. » Même durant la pandémie, le fonds de réserve a continué à augmenter. Le projet de budget prévisionnel jusqu'à 2024, dévoilé le 30 septembre, voit, lui, le budget consacré à la défense dépasser celui consacré au développement économique.

Un autre aspect intervient, assez contre-intuitif : c'est la difficulté de l'Etat russe à dépenser de l'argent, même quand il le veut. Chaque année, depuis 2018 (avec une exception en 2020), le budget fédéral prévoit des excédents de plusieurs milliards d'euros; à cela, il faut ajouter des sommes comparables, qui, bien qu'allouées, ne sont pas dépensées. Fin 2019, ce chiffre atteignait 28,2 milliards d'euros.

Ce constat concerne même les « projets nationaux » pourtant chers à Vladimir Poutine, et dont certains se rapportent au domaine social, comme la santé. La faible utilisation des sommes allouées a poussé le président de la Cour des comptes, Alexeï Koudrine, à dénoncer la « faible qualité de la gouvernance étatique » .

« Le manque de concurrence dans les appels d'offres nuit à l'efficacité » , ajoute Igor Nikolaev, qui relève surtout qu'il est « quasiment impossible de travailler en respectant les lois et les normes » . Dès lors, explique l'économiste, « il devient trop risqué pour un fonctionnaire de prendre des initiatives, et même de manipuler l'argent public » . A l'appui de ce constat, la multiplication des arrestations et poursuites judiciaires dans les hautes sphères, dont une partie seulement relève de la lutte anticorruption.

Primes ponctuelles

Une amélioration de la machine étatique impliquerait des réformes profondes, par exemple dans les domaines judiciaire ou fiscal, explique Evgueni Gontmacher. Or, relève l'expert, « le conservatisme du pouvoir a atteint des niveaux inédits, et toute réforme est perçue comme un facteur de risque inacceptable » . Dans l'entourage du président, les hommes des services de sécurité ont depuis longtemps pris le pas sur les libéraux.

Dès lors, le seul outil de redistribution disponible est le versement de primes ponctuelles à diverses catégories de population, sans distinction de revenus. C'est cet instrument qui a été utilisé durant la pandémie de Covid-19, avec un appui particulier aux familles. C'est aussi le choix qui a été fait avant les élections législatives de septembre, avec des primes données aux retraités (118 euros) et aux militaires (175 euros).

Aujourd'hui, les tout derniers représentants de la frange libérale encore présents au sommet de l'Etat ne jouent plus les gardiens du temple budgétaire. Au lieu de se réjouir des bons indicateurs macroéconomiques, le ministre des finances, Anton Silouanov, ou la patronne de la banque centrale, Elvira Nabioullina, s'inquiètent ouvertement des risques sociaux induits par l'inflation et le recul du niveau de vie.
https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/13/russie-riche-russes-pauvres_6098099_3234.html

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 15 octobre 2021 à 11:44:28 »
Et ? [:cronos] Il finit toujours par revenir, de toute façon ! :o [:petrus bah]

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Discussions / Re : La cafet' [LIRE LE 1er POST !]
« le: 15 octobre 2021 à 11:30:42 »
En voilà au moins qu'il pourra faire... en tous cas sans râler (enfin...). [:aie]

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